Lettre 930
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Année 390 Lettre à un autre sénateur (cf. ep. 927 et ep. 928). Libanios cherche toujours à défendre la candidature de son assistant Thalassios au Sénat de Constantinople. L'identification de Vitalios est discutée, mais c'est en tout cas auprès d'un homme cultivé, qui vit au milieu des livres, qu'il plaide sa cause. |
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Βιταλίῳ 1. Πρὸς τῶν βιβλίων ὧν τε ἔχεις ὧν τε ἕξεις, οὐ γὰρ ἂν παύσαιό ποτε τοῖς οὖσι προστιθείς, στῆθι μεθ’ ἡμῶν καὶ τὴν βουλὴν ἡμῖν ἄνοιξον. τὸ δ’ ἡμῖν ἐστι Θαλασσίῳ τῷ καλῷ, τῷ φιλοσόφῳ παρ’ ἡμῖν διὰ τὴν τῶν τρόπων ἀρετὴν καλουμένῳ. 2. ἀλλ’ ὅμως οὗτος ὁ τοῦτο διὰ τοῦτο καλούμενος ἔσχε παρ’ ὑμῖν τοὺς ἕτερα περὶ αὐτοῦ λέγοντας καὶ πεῖσαι δυνηθέντας· ᾧ δὴ καὶ τοῦ μετασχεῖν τῆς βουλῆς ἀπεστερήθη μέλλων αὐτὴν οὐ καταισχυνεῖν· πλέον γὰρ οὐδὲν ἐρῶ καίτοι πάνυ γε ἔχων. 3. τότε μὲν οὖν ἡμᾶς αὐτοὺς παρεμυθησάμεθα τῷ τινας ἐν τοῖς ἔμπροσθεν χρόνοις ἄνδρας ἀρίστους οὐκ εἰρῆσθαι μόνον κακῶς, ἀλλὰ καὶ ἀπολωλέναι· μενούσης δὲ ἐν τῷ φίλῳ τῆς ἐπιθυμίας, ἣν ἔσχεν εἰσελθεῖν εἰς τὸν νεὼν ἐκεῖνον, τίνα δεῖ πρὸ σοῦ τὸν συμπράττοντα γενέσθαι τοῦ πολλὰ μὲν ὑπὲρ ἡμῶν εἰρηκότος πολλαχοῦ, πολλὰ δὲ πεποιηκότος τὸν πατέρα δὴ μιμουμένου τὸν καλὸν οὐχ ἧττον τὴν ψυχὴν ἢ τὸ τοῦ σώματος εἶδος; ὃς πρὸς τῷ βασιλείῳ τοιαῦτα ὑπὲρ ἡμῶν ἐβόησεν, ὅθ’ ἡμῖν μάλιστα συμμάχων ἔδει, ὥστ’ ἠνάγκασε συγκαλύψασθαι τοὺς οὐδὲν ὀκνοῦντας πρότερον. 4. σοὶ δὲ νῦν, ὥς φασί τινες, οὐ τοσοῦτον τὸ ἔργον τῶν πρότερον βεβλασφημηκότων οὐκέτι τῶν αὐτῶν ὄντων. |
à Vitalios 1. Au nom des livres que tu possèdes et que tu possèderas, car tu ne cesseras jamais d’en ajouter à ceux que tu as, range-toi de notre côté et ouvre-nous les portes du Conseil1. Quand je dis « nous », c’est pour le bon Thalassios, que nous appelons « le philosophe2 » en raison de ses mœurs vertueuses. 2. Pourtant, cet homme qui doit ce surnom à sa vertu a trouvé chez vous des gens qui parlaient de lui en d’autres termes et qui ont réussi à être convaincants. C’est justement pour cela qu’on lui a aussi refusé de participer au Conseil, alors qu’il ne lui aurait pas fait honte3 ; je n’en dirai pas plus, même si j’aurais beaucoup à dire. 3. Nous nous sommes alors consolés à la pensée que certains hommes de très grande valeur, dans le passé, ont non seulement été décriés, mais même conduits à leur perte. Puisque le désir que notre ami avait de pénétrer dans ce temple4 reste ancré en lui, qui mieux que toi doit se faire son soutien, toi qui as souvent prononcé bien des discours en notre faveur et accompli bien des actions, imitant ainsi ton père5, non moins noble par l’âme que par l’apparence physique ? Car lui avait fait entendre auprès de l’empereur de semblables discours en notre faveur, alors que nous avions le plus grand besoin d’alliés, contraignant ainsi ceux qui auparavant n’avaient aucun scrupule à rester discrets. 4. Mais la tâche qui te revient à toi aujourd’hui, à ce que disent certains, n’est pas aussi difficile, puisque ceux qui auparavant nous calomniaient ne sont plus dans les mêmes dispositions6. |
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1. Le Sénat. 2. Philosophe est à prendre ici au sens premier d’« ami de la sagesse ». 3. Sa participation au Sénat n’aurait pas porté préjudice à l’institution. 4. Métaphore religieuse pour désigner le Sénat : de même dans ep. 928, 1, où il est question de mystères. 5. Voir Vitalios. 6. Nouvelle allusion au revirement de certains sénateurs évoqué dans ep. 924 et ep. 929. |